Interview de Gilles Chardon, buraliste
Tabac du Château à Gargas

Depuis 18 ans, Gilles Chardon gère le Tabac du Château, un bureau tabac situé sur la place de la Mairie à Gargas (84400). Nous lui avons posé plusieurs questions, et le sympathique buraliste y a répondu sans détour :


Les buralistes face à la crise sanitaire

En ces temps particuliers de Covid-19 et de confinements, comment avez-vous géré votre activité au quotidien ? Pas de grand changement nous concernant. Nous avons simplement dû adapter les horaires d’ouverture lors des périodes de couvre-feu.

La crise sanitaire aurait augmenté le nombre de fumeurs en France, l’avez-vous constaté de votre côté ? Alors oui, durant les confinements, les clients habituels ont peut-être davantage fumé. Nous avons constaté quelques nouveaux clients, des personnes qui ont repris le tabac. Nous avons également remarqué une augmentation des ventes de cartes pour jouer sur Internet. Les gens s’ennuyaient pendant le confinement.


Gérant de bureau tabac, mais pas que !

Diriez-vous que votre métier a changé au cours de ces 10 dernières années ? Un peu, mais notre profession reste toujours un métier de conseil et d’amabilité. Honnêtement, même si les gens fument moins ces dernières années, cela n’impacte pas notre chiffre d’affaires car les prix montent et nous proposons de nouveaux produits.

Pouvez-vous compléter cette phrase : « le métier de buraliste est un métier… d’abnégation » car il faut savoir satisfaire tout le monde.

Quels sont les produits et services que vous commercialisez en plus du tabac et de la presse ? Ils sont nombreux ! Le service carte grise marche bien. C’est un service rapide qui évite au client de passer des heures à réaliser sa carte grise sur Internet. Nous vendons aussi des jeux, de la presse, du prêt à porter, de la librairie, des timbres, des cartes postales, des cadeaux, des bonbons, des services photos, photocopies, paiement de proximité (impôts, crèche, amendes…) et Moneygram. Je dirais que la vente de tabac représente environ 70% de notre chiffre d’affaires malgré le 8% de commission. Pour moi, la vente de presse est moins intéressante car fastidieuse à mettre en place et peu lucrative. Ce que les clients apprécient chez nous, c’est la rapidité. Nous nous amusons souvent de vendre davantage de timbres que le bureau de Poste du coin !


Le métier de buraliste

Quels conseils donneriez-vous à un jeune buraliste qui se lance ? Je dirais avant tout que buraliste, c’est un métier de tous les jours ! C’est métier de contact, la sympathie est donc primordiale. Le prix du paquet de cigarette est le même partout. Si un client a le choix entre un buraliste sympathique ou un buraliste désagréable : sa décision sera rapide ! Les gens ont besoin de nous, il ne faut donc surtout pas avoir peur du travail et ne pas compter son temps. On travaille le weekend et bien souvent les jours fériés. Chaque année, nous avons 1 mois de congés imposés par les douanes : 5 semaines, à poser en 3 fois. N’oublions pas qu’un buraliste est un agent des douanes ! Cela veut dire par exemple qu’il faut respecter scrupuleusement les horaires d’ouvertures transmises à la douane, qui procède régulièrement à des vérifications sur le terrain. En cas de changement d’horaires non informé, ne serait-ce que de 15 minutes, un buraliste peut écoper d’une amende de 4 000€, puis de 8 000€, et en cas de réitération, d’une fermeture de son commerce.

Que diriez-vous aux français pour qu’ils se tournent davantage vers les « petits » commerçants ? Il est toujours plus rassurant d’avoir une personne en face de soi. Le contact humain est même primordial. Chez un commerçant de proximité, vous achèterez des produits contrôlés tout en bénéficiant de vrais conseils. Comme je le dis toujours : « si les petits commerces devaient baisser le rideau, les clients seraient les premiers à pleurer ! ».


La transformation du métier de buraliste
par Dépôt Carte Grise